CLARA B.
Les zones ! Lieux tellement méconnus mais tellement
fréquentés.
On y passe chaque semaine mais on les connait si peu.
Chaque petite chose qui fait l'humeur de ces lieux n'est
qu'éphémère.
Chaque jour, on peut y découvrir de nouveaux
trésors.
Trésors d'un jour sans queue ni tête mais si
délicats.
Pour certains, ce sont des vieilleries ou des déchets,
mais c'est surtout le passage d'un autre avant soi laissant son
envie le surmonter. Dans la vie de ces milieux, il n'y a pas
d'habitudes et rien n'y est monotone.
Exclue par la société mais indispensables
pourtant,
on oublie souvent leur role primordial, consistant a donner le
ton de la ville.
Plus la zone est négligée plus la ville est
touchée par l'indiférence.
Ces lieux devraient être plus chouchoutés mais si
ils le sont trop, ils n'auront plus l'honneur de faire partite des
zones.
Finalement, ce sont des endroits bien particuliers où
toutes nos envies sont acceptées, terres sauvages de
l'excentricité de l'Homme, que certains d'entres eux
essaient de s'approprier... en vain.
C'est comme ça que j'ai voulu montrer l'appel que les
zones m'ont donné, montré que de tout ce que j'y ai
vécu rien n'est resté en place. Une poubelle dans un
toit ou un chariot rouillé dans un fossé, c'est
l'appel j'un jour... mais juste d'un. Rien n'y est resté
mais bien d'autres choses arriveront, aussi surprenantes les unes
que les autres.
IOANNA P.
Une rue n’est qu’une rue, peu importe ce qu’elle
exprime, ce n’est qu’une allée
pavée.
Une place n’est qu’une place, peu importe son histoire,
ce n’est qu’un lieu de passage. Nous ne donnons pas une
place très importante aux différents signes que nous
offre une ville. A ces traces qui semblent invisibles. Pourtant
chaque rue porte un message, chaque place a une histoire et chaque
rue d’une ville est une découverte.
La ville est comme un livre, il suffit de savoir lire ses pages. La
ville parles, il suffit de comprendre son langage. Selon ses
quartiers, selon ses modes, selon les individus, les messages sont
différents, l’appropriation de l’espace est
différente. Et en y réfléchissant bien, nos
pas nous mènent vers l’inconnu à chaque coin de
rue.
Connaissons-nous bien notre ville ? L’avons-nous comprise ?
Avec ces photos, nous allons essayer de vous procurer quelques
secrets, des secrets que, peut-être, vous n’avez jamais
su voir.
Ils se trouvent dans les rues, dans les places et sur des
murs.
LAURA M.
Une trace comme souvenir
Une trace comme sentiment
Une trace comme indice
Une trace comme partie de nous-même
Une trace comme message
Une trace comme reproche
Chaque trace a une histoire
Qu’elle soit voulue ou pas
Recherchée ou faite par hasard
Chaque individu contribue à la personnalité de sa
ville
Chacun vit différemment
Ainsi chacun laisse des traces différentes
S’affirme et se développe à sa
façon
Fier de ce qu’il est et de ce qu’il pense
Il se montre sous des traces (« sous toutes ses traces
»)
Ayant toutes un lien
Avec la vie que nous menons continuellement
C’est ce que nous avons souhaité mettre en
scène à travers ce projet, ce thème, ces
photographies : Arles et ses traces, donc Arles et ses habitants,
son histoire.
MANON C.
La vie est vécue une fois
Le souvenir plusieurs fois
Il existe toutefois
Une photo pour parfois
Une photo de toi et moi
Une photo de notre toit
Ta photo pour moi
Ma photo pour toi
De notre vie : pas qu’une photo
De nos envies : plus qu’une photo
De nos graffiti : juste une photo
De nos non dits : pas une photo
J’aimerai la ressortir cette photo
Du temps où on voyait tout de haut
Même au plus bas, même dans l’eau
Cette photo d’où il faisait si chaud
Revivons ce moment
Après tout c’est notre temps
A travers cette photo
De le revivre de là-haut
On en a laissé pour aujourd’hui
Parmi nos graffiti, d’une envie
On laisse maintenant aux quatre murs d’après
Le tour de vous conter nos fables
Arles à la façon d’Italo Calvino
:
A Arles, une grande ville, les souvenirs qui errent dans les rues
ne se connaissent pas. En se croisant, ils imaginent mille choses,
les uns sur les autres, le vécu de ce souvenir, la joie de
ce souvenir ou même ses haines, ses envies et ses
répits, ses souvenirs et ses malheurs. Mais aucun ne salue
personne, ils se croisent un instant et aussitôt se fuient ne
s’arrêtant jamais. La photo sur un mur fait remonter
ces souvenirs, par la joie de ce moment à jamais
arrêté.
Plus loin, un dessin, encore une fois dans l’angle d’un
mur, fait revivre ses lettres par la forme où il a
été écrit. C’est à la limite de
la ville, qu’un souvenir jaillit d’une usine par la
gaieté de ces moments passés. Entre eux quelque chose
court, une similitude comme des points communs qui les relieraient
à une époque finie mais malgré tout toujours
ici. Ainsi entre ceux qui par hasard se retrouvent ensemble
à se protéger de la poussière, à
essayer de renaître ou bien de s’effacer,
s’accomplissent des échanges, sans que le
présent ne s’arrête à son tour.
Une vibration traverse continûment Arles, la ville aux
souvenirs. Si les souvenirs se mettaient à vivre leur
passé fugitif, chaque pensée deviendrait
présente, avec elle commencerait une histoire de poursuites
et cesserait de tourner le manège du bon vieux temps.
MARINE L.
Arles, la ville que nous vivons jour
après jour. Différents lieux sont présents :
du patrimoine, de la culture, de l’histoire mais encore les
lieux publics. Là où le monde entier passe, quelque
soit leur nationalité ou lieu d’habitat, ils laissent
des traces. Découvrir, montrer aux autres ce que l’on
voit, là où les autres gens sont aveugles,
c’est notre but. Arles est bien plus qu’une ville, il y
a des gens qui y vivent, qui la font vivre en lui donnant un
rythme, comme notre cœur nous fait vivre. Le monde
reflète ce que sont les « hommes » donc Arles
reflète ce que sont ces habitants qui laissent des traces.
Mais aussi une partie d’eux-mêmes, comme des empreintes
de pieds, de mains, des mots gravés, immortalisés,
des autocollants « TTC » (Tob Tob Crew), des tags
« M2C », ce sont des reflets, des souvenirs. La visite
des ateliers SNCF en réhabilitation, la
médiathèque puis de nombreuses routes… dans la
nuit, où le nom de la ville apparaît.
L’éphémère des ombres et des
lumières révèle la « zone » et les
inscriptions de publicité dans tout le paysage où
l’on distingue une poubelle dans les toits.
Vient le centre ville, avec ses arènes,
les bâtiments de pierre de Fontvieille, de
l’Antiquité, en noire et blanc, la marque de
l’Histoire est là.
Soudain, apparaissent les tags de part et
d’autres sur les murs, dans les souterrains et dans les
rues.
Tout ceci sera peut être oublié mais avec ces images,
on laisse une trace de nous même en utilisant les traces des
autres. Les choses sont révèlées comme dans un
miroir : il montre les choses telles qu’elles sont : aucun
masque n’existe sur ces photographies.
Les traces sont là, nous les révèlons avec
notre regard à travers notre appareil.
NABIL A.A.O
Notre projet sur la photographie, dans le thème de la trace
et plus précisément sur un moyen d’expression
illégal : les graffiti.
Nous pouvons dire qu’il y a beaucoup de personnes, en
général des jeunes, qui souffrent de ne pas pouvoir
s’exprimer et qui le font grâce à ce moyen.
Certes, nous avons pris beaucoup de photographies sur ce
thème. Mais cela ne veut pas dire que dans Arles il
n’y a que des graffiti.
Pour pouvoir s’exprimer, les graffiteurs doivent se contenter
d’un très long mur mais invisible pour les gens car
celui-ci se situe dans le pont de la voie rapide. Donc même
si ils continuent, personne ne les verra car il y a de nombreuses
personnes vivant dans cette ville qui ne connaissent pas cet
endroit. De plus les personnes qui connaissent cet endroit
insultent ces jeunes qui souffrent en les traitant de voyous.
Notre projet pourra t’il réhabiliter ces patients qui
attendent que la justice soit faite.
SHAIMA G.
Arles : une ville en perpétuel mouvement avec la destruction
des ateliers SNCF, l’aménagement de nouveaux espaces
et les chantiers, une mémoire disparaît mais pas
complètement.
Aujourd’hui tags, graffiti, affiches, sous de multiples
formes, les mots envahissent les façades.
Les traces et empreintes laissées par les passants et
l’expressions du temps dans la ville d’Arles agissent
comme mémoire collective mais aussi individuelle ; chacun
laissant une trace de son passage qui marque ainsi sa
présence.
De mots à mots, de phrases en phrases, du sens se tisse, une
parole, un hommage émerge des murs de la ville.
Empreintes, anciennes inscriptions, monuments et statues favorisent
la conservation du patrimoine arlésien.
Arles, une ville comme lieu de traces, de passages et de
mémoire.
Peinture, statues, anciennes inscriptions, gravures, graffiti, tags
et poèmes ; autant de témoignages architecturaux et
d’humains qui retracent l’histoire d’Arles de
l’Antiquité à nos jours.
ZOUIR Z.
Le temps chasse et efface les traces.
Peignons notre vie sur un mur avec des pinceaux
étoilés de rêves, atteignons le
chef-d’œuvre.
Le temps effacera toutes les rancœurs.
Essuie tes larmes, reprends en main ta plus belle arme.
Crie ton amertume, soulage-toi, hurle ta haine envers le monde,
gronde comme l’orage.
Exprime toi, ne craint plus, peint ton œuvre et fait taire
cet enfer qui t’entoure.
Poursuit cette tâche de peindre la toile de notre vie avec le
plus beau pinceau que tu possèdes.
Que ce soit avec notre rage ou de la peinture, elle ne sera que
plus belle.
Les émotions se rebellent, faim d’expression.
Comme beaucoup, à nous de parler d’espoir.
Nous avons des sentiments communs démontrant la même
rage, un style lyrique ayant pour thème nos éternels
maux.
Commentaires