Regards sur la ville, 3mn37  posté le mardi 22 mai 2007 16:02

 

Diriger ses pas dans la ville, la traverser, s’y orienter pour la lire dans tous les sens
Repérages, traçage
La signalétique de la ville définit son identité

Remarquer les ruptures, souligner les écarts
Imprimer les passages, éclairer les transitions
Empreintes, effacement
Les images retracent son passé


Ouvrir les yeux sur les lieux, entrouvrir les failles et entailles
Entamer les pans, détailler les murs
Saisir  les murmures, faire bruire les signes
Et dans un battement de paupière, faire ciller le lisse et le régulier
Interstices, indices
Les traces de la ville la révèlent

Creuser les secrets, frayer les chemins souterrains où résonnent des voix
A l’écho de nos rages et nos deuils
Inscriptions, insertions incertaines
Ciels et marges, de fond en comble, habiter la ville

 

Frédérique Masson 
lien permanent

Quelques écrits d'élèves  posté le mardi 22 mai 2007 17:12

 
CLARA B. 

 

Les zones ! Lieux tellement méconnus mais tellement fréquentés.

On y passe chaque semaine mais on les connait si peu.

Chaque petite chose qui fait l'humeur de ces lieux n'est qu'éphémère.

Chaque jour, on peut y découvrir de nouveaux trésors.

Trésors d'un jour sans queue ni tête mais si délicats.

Pour certains, ce sont des vieilleries ou des déchets, mais c'est surtout le passage d'un autre avant soi laissant son envie le surmonter. Dans la vie de ces milieux, il n'y a pas d'habitudes et rien n'y est monotone.

Exclue par la société mais indispensables pourtant,

on oublie souvent leur role primordial, consistant a donner le ton de la ville.

Plus la zone est négligée plus la ville est touchée par l'indiférence.

Ces lieux devraient être plus chouchoutés mais si ils le sont trop, ils n'auront plus l'honneur de faire partite des zones.

Finalement, ce sont des endroits bien particuliers où toutes nos envies sont acceptées, terres sauvages de l'excentricité de l'Homme, que certains d'entres eux essaient de s'approprier... en vain.

C'est comme ça que j'ai voulu montrer l'appel que les zones m'ont donné, montré que de tout ce que j'y ai vécu rien n'est resté en place. Une poubelle dans un toit ou un chariot rouillé dans un fossé, c'est l'appel j'un jour... mais juste d'un. Rien n'y est resté mais bien d'autres choses arriveront, aussi surprenantes les unes que les autres.

 
 
 
IOANNA P.


Une rue n’est qu’une rue, peu importe ce qu’elle exprime, ce n’est qu’une allée pavée.
Une place n’est qu’une place, peu importe son histoire, ce n’est qu’un lieu de passage. Nous ne donnons pas une place très importante aux différents signes que nous offre une ville. A ces traces qui semblent invisibles. Pourtant chaque rue porte un message, chaque place a une histoire et chaque rue d’une ville est une découverte.

La ville est comme un livre, il suffit de savoir lire ses pages. La ville parles, il suffit de comprendre son langage. Selon ses quartiers, selon ses modes, selon les individus, les messages sont différents, l’appropriation de l’espace est différente. Et en y réfléchissant bien, nos pas nous mènent vers l’inconnu à chaque coin de rue.

Connaissons-nous bien notre ville ? L’avons-nous comprise ? Avec ces photos, nous allons essayer de vous procurer quelques secrets, des secrets que, peut-être, vous n’avez jamais su voir.
Ils se trouvent dans les rues, dans les places et sur des murs.
 
 

LAURA M.


Une trace comme souvenir
Une trace comme sentiment
Une trace comme indice
Une trace comme partie de nous-même
Une trace comme message
Une trace comme reproche

Chaque trace a une histoire
Qu’elle soit voulue ou pas
Recherchée ou faite par hasard
Chaque individu contribue à la personnalité de sa ville
Chacun vit différemment
Ainsi chacun laisse des traces différentes
S’affirme et se développe à sa façon
Fier de ce qu’il est et de ce qu’il pense
Il se montre sous des traces (« sous toutes ses traces »)
Ayant toutes un lien
Avec la vie que nous menons continuellement
C’est ce que nous avons souhaité mettre en scène à travers ce projet, ce thème, ces photographies : Arles et ses traces, donc Arles et ses habitants, son histoire.
 
 

MANON C.


La vie est vécue une fois
Le souvenir plusieurs fois
Il existe toutefois
Une photo pour parfois
Une photo de toi et moi
Une photo de notre toit
Ta photo pour moi
Ma photo pour toi

De notre vie : pas qu’une photo
De nos envies : plus qu’une photo
De nos graffiti : juste une photo
De nos non dits : pas une photo

J’aimerai la ressortir cette photo
Du temps où on voyait tout de haut
Même au plus bas, même dans l’eau
Cette photo d’où il faisait si chaud

Revivons ce moment
Après tout c’est notre temps
A travers cette photo
De le revivre de là-haut

On en a laissé pour aujourd’hui
Parmi nos graffiti, d’une envie
On laisse maintenant aux quatre murs d’après
Le tour de vous conter nos fables


Arles à la façon d’Italo Calvino :

A Arles, une grande ville, les souvenirs qui errent dans les rues ne se connaissent pas. En se croisant, ils imaginent mille choses, les uns sur les autres, le vécu de ce souvenir, la joie de ce souvenir ou même ses haines, ses envies et ses répits, ses souvenirs et ses malheurs. Mais aucun ne salue personne, ils se croisent un instant et aussitôt se fuient ne s’arrêtant jamais. La photo sur un mur fait remonter ces souvenirs, par la joie de ce moment à jamais arrêté.
Plus loin, un dessin, encore une fois dans l’angle d’un mur, fait revivre ses lettres par la forme où il a été écrit. C’est à la limite de la ville, qu’un souvenir jaillit d’une usine par la gaieté de ces moments passés. Entre eux quelque chose court, une similitude comme des points communs qui les relieraient à une époque finie mais malgré tout toujours ici. Ainsi entre ceux qui par hasard se retrouvent ensemble à se protéger de la poussière, à essayer de renaître ou bien de s’effacer, s’accomplissent des échanges, sans que le présent ne s’arrête à son tour.
Une vibration traverse continûment Arles, la ville aux souvenirs. Si les souvenirs se mettaient à vivre leur passé fugitif, chaque pensée deviendrait présente, avec elle commencerait une histoire de poursuites et cesserait de tourner le manège du bon vieux temps.



MARINE L.

 
Arles, la ville que nous vivons jour après jour. Différents lieux sont présents : du patrimoine, de la culture, de l’histoire mais encore les lieux publics. Là où le monde entier passe, quelque soit leur nationalité ou lieu d’habitat, ils laissent des traces. Découvrir, montrer aux autres ce que l’on voit, là où les autres gens sont aveugles, c’est notre but. Arles est bien plus qu’une ville, il y a des gens qui y vivent, qui la font vivre en lui donnant un rythme, comme notre cœur nous fait vivre. Le monde reflète ce que sont les « hommes » donc Arles reflète ce que sont ces habitants qui laissent des traces. Mais aussi une partie d’eux-mêmes, comme des empreintes de pieds, de mains, des mots gravés, immortalisés, des autocollants « TTC » (Tob Tob Crew), des tags « M2C », ce sont des reflets, des souvenirs. La visite des ateliers SNCF en réhabilitation, la médiathèque puis de nombreuses routes… dans la nuit, où le nom de la ville apparaît. L’éphémère des ombres et des lumières révèle la « zone » et les inscriptions de publicité dans tout le paysage où l’on distingue une poubelle dans les toits.
Vient le centre ville, avec ses arènes, les bâtiments de pierre de Fontvieille, de l’Antiquité, en noire et blanc, la marque de l’Histoire est là.
Soudain, apparaissent les tags de part et d’autres sur les murs, dans les souterrains et dans les rues.
Tout ceci sera peut être oublié mais avec ces images, on laisse une trace de nous même en utilisant les traces des autres. Les choses sont révèlées comme dans un miroir : il montre les choses telles qu’elles sont : aucun masque n’existe sur ces photographies.
Les traces sont là, nous les révèlons avec notre regard à travers notre appareil.
 
 
 
NABIL A.A.O


Notre projet sur la photographie, dans le thème de la trace et plus précisément sur un moyen d’expression illégal : les graffiti.
Nous pouvons dire qu’il y a beaucoup de personnes, en général des jeunes, qui souffrent de ne pas pouvoir s’exprimer et qui le font grâce à ce moyen. Certes, nous avons pris  beaucoup de photographies sur ce thème. Mais cela ne veut pas dire que dans Arles il n’y a que des graffiti.
Pour pouvoir s’exprimer, les graffiteurs doivent se contenter d’un très long mur mais invisible pour les gens car celui-ci se situe dans le pont de la voie rapide. Donc même si ils continuent, personne ne les verra car il y a de nombreuses personnes vivant dans cette ville qui ne connaissent pas cet endroit. De plus les personnes qui connaissent cet endroit insultent ces jeunes qui souffrent en les traitant de voyous.
Notre projet pourra t’il réhabiliter ces patients qui attendent que la justice soit faite.
 
 

SHAIMA G.


Arles : une ville en perpétuel mouvement avec la destruction des ateliers SNCF, l’aménagement de nouveaux espaces et les chantiers, une mémoire disparaît mais pas complètement.

Aujourd’hui tags, graffiti, affiches, sous de multiples formes, les mots envahissent les façades.

Les traces et empreintes laissées par les passants et l’expressions du temps dans la ville d’Arles agissent comme mémoire collective mais aussi individuelle ; chacun laissant une trace de son passage qui marque ainsi sa présence.

De mots à mots, de phrases en phrases, du sens se tisse, une parole, un hommage émerge des murs de la ville.

Empreintes, anciennes inscriptions, monuments et statues favorisent la conservation du patrimoine arlésien.

Arles, une ville comme lieu de traces, de passages et de mémoire.

Peinture, statues, anciennes inscriptions, gravures, graffiti, tags et poèmes ; autant de témoignages architecturaux et d’humains qui retracent l’histoire d’Arles de l’Antiquité à nos jours.
 


ZOUIR Z.


Le temps chasse et efface les traces.
Peignons notre vie sur un mur avec des pinceaux étoilés de rêves, atteignons le chef-d’œuvre.
Le temps effacera toutes les rancœurs.
Essuie tes larmes, reprends en main ta plus belle arme.
Crie ton amertume, soulage-toi, hurle ta haine envers le monde, gronde comme l’orage.
Exprime toi, ne craint plus, peint ton œuvre et fait taire cet enfer qui t’entoure.
Poursuit cette tâche de peindre la toile de notre vie avec le plus beau pinceau que tu possèdes.
Que ce soit avec notre rage ou de la peinture, elle ne sera que plus belle.
Les émotions se rebellent, faim d’expression.
Comme beaucoup, à nous de parler d’espoir.
Nous avons des sentiments communs démontrant la même rage, un style lyrique ayant pour thème nos éternels maux.


 
lien permanent

A Clément…  posté le dimanche 09 septembre 2007 21:18

LA TRACE

Le temps laisse toujours une trace mais ce même temps l’efface. Chaque époque a laissé sa trace, son empreinte, peut–être un détail, une infime marque d'un passé oublié. Avec le temps tous les instants de bonheur vécu par notre ville s’évanouissent. Toutes ces traces éphémères que notre quotidien nous voile, toutes ces passions, ces voix, perdues à jamais sur ces murs abandonnés par notre regard.

De nos jours la vie condamne ces traces à l’oubli et à la disparition. Nous sommes entraînés dans un monde où l’inconnu fait peur et où la curiosité est bafouée. Nous sommes encerclés par un stress omniprésent qui nous coupe de toute évasion. Pourtant l’évasion est proche. Peut-être suffit-il juste d’ouvrir les yeux et d’apprécier le monde qui nous entoure. Apprécier cette liberté d’esprit qui nous pousse vers l’inconnu, cette incertitude qui anime notre curiosité.

Prenons le temps de comprendre ces traces que notre ville nous offre. Des traces de toutes époques, des symboles de tous temps, qui animent et font vivre l’âme des murs qui nous entourent. Aucun environnement, aucune perspective, aucune appropriation d’un espace ne doit sombrer dans l’oubli !
Apprécions le patrimoine qui nous est cédé et profitons de chaque instant de lumière.

 Ioanna P.
lien permanent

ouvrir la barre
fermer la barre

Vous devez être connecté pour écrire un message à poppy

Vous devez être connecté pour ajouter poppy à vos amis

 
Créer un blog